La terre et la fermière

Aujourd’hui, dans femme d’A. : une femme d’Audace. Je voulais reprendre les activités de blogging par un thème qui m’inspire beaucoup ces derniers temps : le retour à la terre, aux habitudes simples et saines et à un certain mode de vie qui est finalement plus moderne qu’on ne le pense.L’inattendue conversion de mon amie R. la fermière m’a amenée à repenser à ces priorités de la vie. Et à me demander comment une authentique citadine se réapproprie la vie par et pour la terre. Voici un entretien avec une fermière de la nouvelle génération.

 

Mialy s'en fout
R.La Fermière. Sa page : La ferme de R.La fermière

Pourquoi s’être convertie à l’agriculture bio? D’où vient cette inspiration?  R.La Fermière : Apres avoir vécu pendant deux ans à Toamasina, je suis rentrée à Antananarivo pour rejoindre mon fils qui était en classe d’examen officiel, et pour réaliser mon rêve: produire ma propre nourriture et celle de ma famille, sans intrant chimique, en essayant de respecter l’environnement et de diminuer nos empreintes écologiques, tout en pratiquant la permaculture, une philosophie de vie qui me plait beaucoup. La permaculture aurait cent définitions mais en gros, c’est prendre soin de la terre, car il faut lui donner pour qu’elle nous donne en retour, prendre soins de tous les vivants, et partager autour de soi : le savoir-faire, le surplus de produits, le retour à la terre elle même à travers le compost organique. J’ai aussi voulu prouver à travers cette prise de conscience, que « produire sa propre nourriture » ne veut pas forcément dire : « prendre sa retraite ».  Ce sont deux choses différentes que beaucoup de gens confondent. La phase d’observation, importante en permaculture, m’a permis d’imaginer une hygiène de vie plus saine et plus fun : faire le marché dans le jardin tous les matins, primeur et fraîcheur garanties même avec des imperfections, et gratuitement, que demander de plus? Du coup, j’ai décidé de me créer un emploi, c’est ainsi donc que je suis devenue une fermière.

Comment t’es-tu organisée pour mettre en place cette activité?  J’ai arrêté de travailler dans un bureau à quatre murs. Je n’ai plus  d’obligations sévères avec les horaires. Je peux travailler dans le jardin, ou depuis ma chambre, pendant mes voyages. Bref en totale liberté. J’ai tout appris à travers internet, je me suis inscrite sur plusieurs groupes d’échanges, malgaches et français, dans les réseaux sociaux. Je passe des heures sur youtube, sur les sites des grandes fermes à l’étranger. Je me documente le soir et la nuit, je suis sur terrain le jour. Pour les heures de travail, difficile de comptabiliser. Cela dépend de beaucoup de choses: du soleil, de la pluie, de l’envie, de l’inspiration, de la flemme, car cela arrive aussi! Au tout début, j’ai acheté des semences auprès d’un paysan de Sabotsy Namehana, et je pratique souvent les trocs de graines, avec des Malgaches comme avec des étrangers. Sinon, je créée moi même mes propres semences aussi.

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Bottes de fermière

Est-ce que l’objectif posé au début de l’activité semble toujours réaliste aujourd’hui? Je suis une grande rêveuse. Je rêve d’inculquer le jardinage dans le système éducatif. Avec un ami, nous avons déjà un projet en cours avec une école pour la nouvelle année scolaire à venir. Je rêve de percer sur le vrai maraîchage bio à Madagascar, en faire un travail à part entière, et vulgariser à nouveau la production sans engrais chimique, en harmonie avec la nature : les mauvaises herbes, la position de la lune, … et non contre elle. Et puis, un résultat quantitatif et qualitatif est parfaitement possible, contrairement à ce qu’on le croit. C’est un grand défi mais si les autres y arrivent pourquoi pas nous?  Enfin, je souhaite créer une forêt nourricière sur mes propres terres, ou tout le village entier pourrait se servir gratuitement . Je suis en plein déménagement pour le réaliser, cela prendrait du temps mais j’y tiens et j’y crois et je vais y arriver. Je rêverai d’avoir une autonomie alimentaire saine : riz, légumes, volailles, grains, produits laitiers, … au moins à 97% d’ici cinq à sept ans.  Et je rêve aussi que l’un de mes fils continue ce que je fais un de ces jours.

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Première récolte (Photos prises par R. dans son potager)
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5 commentaires sur “La terre et la fermière

  1. mahavità be amin’ny asan’ny Tompo! tena projet mahafinaritra! elaela ndray rasoa tsy namoaka article, efa hiverina isankerinandro amin’izay izany?

Les commentaires sont fermés.

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